• Biographie du Père Jacques-Désiré LAVAL

    Biographie du Père Jacques-Désiré LAVAL

     

    Biographie du Père Jacques-Désiré LAVAL

     Enfance 

    L’acte de naissance figure en fin de biographie.

    Jacques-Désiré Laval naquit le 18 septembre 1803  à Croth - 14, rue de la Mairie - , petit village de la vallée de l’Eure, non loin d’Anet, alors que la France était encore bouleversée par les événements de la Révolution et les guerres napoléonniennes. Il fut nommé Jacques, comme son père, propriétaire d’une ferme et maire du village et Désiré parce que ses parents souhaitaient vivement un garçon après les trois premières filles. Il a été baptisé le 19 septembre 1803  à l'église Notre-Dame de Croth.

    Après des essais, plus ou moins réussis, de premières études, d’abord dans une école presbytérale sous la conduite de son oncle Nicolas, curé de Tourville-la-Campagne, puis au petit séminaire d’Évreux, son père l’envoya au prestigieux collège Stanislas de Paris, d’où il sortit bachelier es lettres, à l’âge de 22 ans et  es  sciences l’année suivante. Il entreprit des études de médecine et soutint avec succès le 21 août 1830 une thèse sur le rhumatisme articulaire. La révolution de 1830 éclata et les barricades dressées dans la capitale ramèneront le jeune docteur en Normandie.


    Médecin de campagne

    Pendant quatre ans, de septembre 1830 à avril 1834, Jacques-Désiré Laval fut médecin à Saint-André-de-l'Eure, faisant souvent preuve d’une grande charité, mais une campagne de calomnies organisées contre lui l’obligea à se fixer à Ivry-la-Bataille, où eut lieu un grand virage dans sa vie.

    Jacques Laval se plaisait alors dans le confort et le luxe. Il aimait parader en uniforme, à la tête de la garde nationale de sa commune et se faisait remarquer par l’élégance de ses habits, le luxe de ses meubles et ses réceptions. Mais cette vie jugée facile et égoïste ne le comblait pas. La conversion du Docteur Laval, torturé par le remords, fut lente mais profonde. Une déception amoureuse avec une cousine, une chute de cheval qui aurait pu être mortelle ne furent peut-être que coïncidences ! Jacques Laval annonça alors, au grand étonnement de beaucoup, son entrée au séminaire d’Issy-les-Moulineaux  le 15 juin 1835. Quatre ans plus tard, le 22 décembre 1838, il fut ordonné prêtre dans la petite chapelle du séminaire de Saint-Sulpice de Paris par l'archevêque de Paris, Monseigneur de Quélen.

    Curé de paroisse

     Le 8 janvier 1839, le père Laval fut nommé « desservant » d’une petite paroisse de 485 habitants, située au sud de Louviers, Pinterville. Il y restera deux ans ce qui lui permit de vivre son noviciat de futur missionnaire : austérité de vie, porte ouverte aux pauvres, attention aux conditions de vie des paroissiens, permanence de la prière. L'abbé Laval entendit alors l'appel d'une plus grande misère à soulager.  

     

    Monseigneur  Collier, nommé vicaire apostolique de l’île Maurice, accepta ses services pour l’apostolat des Noirs récemment affranchis de l’esclavage. Le père Laval entra dans la société du Saint-Cœur de Marie fondée par le Père François Libermann. Il quitta Pinterville à tout jamais le 23 février 1841, arriva à Londres le 14 mai et s’embarqua, les mains vides, sur le « Tanjore » le 4 juin 1841. Il ne reverra plus l’Europe.

     

    Missionnaire

    Après cent jours de traversée, le père Laval débarqua à Port-Louis dans la plus grande indifférence. Le 26 septembre 1841, il reçut la charge de la Mission des Noirs et se mit à apprendre le créole, se fit un catéchisme de base et repéra parmi les esclaves, définitivement affranchis par les autorités britanniques le 1er avril 1839, le petit groupe de ceux qu’il pourrait former pour qu’ils deviennent ses aides.

    Le père Laval portait une soutane rapiécée et voyageait à dos d’âne. Il vivait retiré dans un petit pavillon de bois, dans la cour du presbytère pour recevoir ses « chers Noirs », ébahis de s’entendre appelés « Monsieur » ou « Madame ». Il fit même pour eux chaque dimanche, à midi, une messe  spéciale.

    Chaque jour, le père Laval leur rendait visite dans leurs huttes, à l’hôpital et à la prison. Il fit construire de petites écoles de brousse et des centres de prière à travers le pays et, depuis son confessionnal, il veillait à leur bon fonctionnement. Détruites pour la plupart par un terrible cyclone le 8 mars 1848, ces chapelles furent aussitôt reconstruites avec enthousiasme par les fidèles.

    Le père Laval, d’abord seul puis secondé par d’autres missionnaires, sut guérir et remettre debout, physiquement et moralement, tout un peuple que les nantis se plaisaient à considérer comme marginal. Mais, plus les succès augmentaient, plus l’opposition croissait. Les blancs le surnommèrent « la grosse bête noire » et le père Laval dut même assurer ses instructions du soir sous la protection de deux policiers. Une fois l’aversion passée, les sentiments des colons blancs évolueront peu à peu vers la confiance et, pour certains, vers une profonde admiration. 

    Le 2 février 1852, le père François Libermann  mourut à Paris. Son successeur, le père Schwindenhammer, nomma le père Laval - qui n’avait pas fait de noviciat et connaissait mal les règles de la vie religieuse et, de plus, répugnait à écrire des rapports - supérieur provincial des missions de Bourbon (île de la Réunion) et de Maurice. Le père Laval vivra mal cette nomination.

    En mai 1854, le choléra sévit à Maurice. Le père Laval se dévoua à l’extrême pour les malades et les mourants. Il en fit de même lors de l’épidémie de variole, elle aussi très meurtrière en 1856.

    Malade à la fin de sa vie et après avoir été frappé par des attaques d’apoplexie, il mourut le vendredi 9 septembre 1864. Quand, le dimanche suivant, à onze heures du matin, on ferma son cercueil, 20 000 personnes avaient défilé devant le corps. Il n’y avait eu personne pour l’accueillir à son arrivée à Maurice, il y en eut 40 000 pour l’escorter à sa dernière demeure, au pied du calvaire, devant l’église de Sainte-Croix.

     

    Béatification

    Mort du Père Laval

    Le Père Jacques-Désiré Laval fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 29 avril 1979, en la basilique Saint-Pierre de Rome. Ce fut la première béatification de Jean-Paul II qui plaça son pontificat sous la protection de cet humble missionnaire. Le pape invita les chrétiens du monde entier à le prendre pour modèle :

    « Que l’exemple du Père Laval encourage tous ceux qui, sur le continent africain et ailleurs, s’efforcent de bâtir un monde fraternel, exempt de préjugés raciaux ! » 

    Le 19 mai 1979, 150 000 personnes assistèrent à la cérémonie d'action de grâce qui eut lieu au monument de Marie, Reine de la Paix, à Port-Louis, durant laquelle fut souvent évoqué le nom de Jacques-Désiré Laval.

    Le 14 octobre 1989, à l’invitation de Sir  Anerood Jugnauth,  Jean-Paul II  arriva à Maurice pour une visite officielle de trois jours et se rendit au tombeau du Père Laval, ce modeste curé qui avait consacré sa vie aux plus pauvres, à Sainte-Croix « où, affirma-t-il, je viens moi-même vénérer le tombeau du bienheureux Laval que vous aimez tant à l’île Maurice ».

    Notons que parmi ceux qui sont venus prier au tombeau du Père Laval à Sainte-Croix figure l' Abbé Pierre, lors de sa visite dans l'île en 1994.

    Vers la canonisation

    Le père Bernard Hym, directeur du pèlerinage de Sainte-Croix 2007 est confiant que le père Laval sera un jour canonisé, car « ce qui a permis sa béatification va permettre sa canonisation ». Cela viendra quand le Seigneur le voudra pour le bien du peuple mauricien et permettre ainsi au père Laval d’être un meilleur rassembleur, fait-il ressortir. Il explique que la canonisation sera possible grâce à l’élan populaire constant et la confiance dans le père Laval, avec plus de 10 000 personnes par semaine devant le caveau et plus de 150 000 dans la nuit du 8-9 septembre. La canonisation sera possible grâce aux attestations reçues lors d’un pèlerinage auprès de la tombe du père Laval et par des prières confiantes de Mauriciens et d’autres qui viennent de l’étranger et témoignant des grâces obtenues. « Pour que le père Laval puisse être canonisé, il faudrait aussi qu’il y ait une guérison miraculeuse et instantanée, incontestable et incontestée et que le corps médical reconnaît comme inexplicable par la science », précise le père Hym.

    « Ces éléments supposent qu’une personne qui se sait guérie par la prière du père Laval est consultée avant et après les faits constatés par le même médecin qui accepte, par la suite, de témoigner de l’aspect inexplicable de la science de cette guérison », ajoute notre interlocuteur. Il souligne que le projet est en route et que nous ne pouvons que prier pour que le Seigneur nous accorde cela comme une grâce. « Ce n’est pas pour permettre à Maurice d’obtenir des grandeurs et aux Mauriciens de tap lestoma que le Seigneur nous accordera cette grâce. Il le fera pour le renforcement de la foi et, finalement, pour aider les chrétiens à être de meilleurs témoins de l’évangile.»

    Le dossier pour la canonisation du père Laval est actuellement à Rome, où une commission de médecins l’examine afin de donner un avis compétent, cela suite à tous les témoignages soumis.

    Anecdote

    Un missionnaire français de passage à Maurice rencontra l’abbé Xavier Masuy, apôtre de la population blanche de l’époque :

    - Montrez-nous, dit-il à l’abbé Xavier Masuy, ce Père Laval dont on parle tant dans votre île. J’avais à Saint-Sulpice un condisciple de ce nom.

    - Il était aussi de Saint-Sulpice, et ce doit être lui !

    - Mais savez-vous alors que vous avez un saint parmi vous ? C’était notre distributeur d’aumônes, et il y mettait une charité qui faisait notre édification. Un jour, par un froid rigoureux, l’abbé Laval remplissait tout grelottant sa charge journalière ; se présente un pauvre mal vêtu, transi de froid ; le serviteur de Jésus-Christ n’hésite pas, il jette sur les épaules du malheureux son manteau dont il se dépouille et continue sous une bise aiguë ses saintes fonctions.

    En ce moment parut le Père Laval :

    - Tenez, dit l’abbé Masuy, le voici qui vient à nous dans toute sa gravité et sa sérénité.

    - Ah ! vraiment, c’est là ce pauvre Jacques, c’est ce gaillard-là, ajouta-t-il dans sa langue simple et franche.

    La reconnaissance allait se faire, mais le Père Laval, devinant le sujet de la conversation des deux prêtres devint invisible : son humilité s’était alarmée, et jamais les deux amis ne se revirent.

     

    Dernière lettre du Père Laval

    Ayant comme le pressentiment de sa mort prochaine, le Père Laval recueillit encore une fois ses forces épuisées pour adresser le 5 septembre 1864, dans une lettre à l’une de ses sœurs, Mme Cadot, quelques paroles de consolation, de salutaires conseils, et lui donner, ainsi qu’à toute sa famille, un saint rendez-vous dans l’éternité : « J’ai grande hâte de voir la fin des misères de la vie. Je ne crois pas que la fin soit bien éloignée, car je me vois mourir à petit feu… Au revoir, chère sœur, dans l’éternité bienheureuse ! »

    ACTE DE NAISSANCE DE JACQUES-DÉSIRÉ LAVAL

     

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